
Plus de luxe :
La gamme Biturbo chez Maserati s’apparente à un jeu de meccano où on mixe les pièces pour créer de nouveaux modèles. Le coupé est lancé en 1982 et dès l’année suivante, une berline à 4 portes sur un empattement allongé complète une gamme qui commence à s’étendre doucement.
Alejandro De Tomaso désire offrir à Maserati un grand coupé luxueux pour succéder à la Kyalami qui a terminé sa carrière en 1982. Ce nouveau modèle d'apparat profitera de l’existant avec l’empattement de la berline, la ligne du coupé retouché et un moteur qui en dérive pour devenir un 2,8l, d'où l’appellation de 228, 2 pour 2 portes et 28 pour la cylindrée.

Le coupé biturbo qui en fait plus :
Pierangelo Andreani dessine la 228 en augmentant les dimensions et en gommant les arêtes vives de la Biturbo originelle dont il est également l'auteur. On peut noter 2 particularités de son design avec le capot qui remonte légèrement à la base du pare-brise pour cacher les essuie-glaces et diminuer les bruits d'air à grande vitesse et des prises d'air pour le compartiment moteur qui prennent place sous les 4 phares carrés.
Le style est adouci avec notamment une proue totalement inédite et spécifique à la 228. Elle présente une calandre épaissie et plus visible, mais surtout des clignotants ajoutés sur les côtés des phares toujours carrés, en raison des normes US très strictes à l'époque. Juste sous les blocs optiques avant on distingue des prises d'air pour refroidir la mécanique. Comme sur la Biturbo, les boucliers avant et arrière sont teints ton caisse.
L'habitabilité arrière profite nettement de l’allongement de la caisse tout comme la capacité du coffre. Si la ligne de la Biturbo semble ramassée et trapue, le coupé 228 semble presque déséquilibré avec un pavillon qui remonte en hauteur vers la malle arrière, tandis que cette dernière semble démesurément longue. Même les blocs optique arrière sont plus lisse. On retrouve des classiques de la Biturbo avec le trident Maserati sur la calandre et sur les montants de custode, des entourages de vitres chromés, des rétroviseurs extérieurs peints et des jantes alu de 15 pouces à voile plein.
La 228 mesure 1,82 m de large (+ 12 cm par rapport à la Biturbo) et 4,46 m de long (+ 29 cm par rapport à la Biturbo). L’empâtement de la 228 est celui de la berline 425 présentée en décembre 1983 (2,60 m soit + 9 cm par rapport au coupé Biturbo).


La 228 reprend l'intérieur de la Biturbo classique avec la montre Lassale ovale et dorée. On note cependant 2 petites particularités. L’alcantara plissé sur les contre-portes et le bois entre les cadrans du tableau de bord sont inédits. La 228 et la Quattroporte 4 qui apparaîtra en 1994, sont les seules Biturbos à avoir du bois entre les cadrans. La finition intérieure est luxueuse avec des sièges qui sont repris à la berline, car plus larges. Le levier de frein à main est en bois pour la première fois dans l'épopée Biturbo. Les premières 228, même de série, n’ont pas le volant en bois.
Le coffre, assez profond, dépasse les 500 litres. Comme sur toutes les Biturbo (y compris la 3200 GT et la Quattroporte 4) le réservoir est positionné verticalement derrière la banquette arrière, situation assez idéale, car il appuie sur le train arrière afin d’améliorer son adhérence sur la route. Cependant, cela interdit le montage d’une trappe à skis ou d’une banquette rabattable.



La 228 inaugure le v6 biturbo dans une version à 2,8l (2 790 cc) mais toujours à 3 soupapes par cylindre. Cette fois ci, le bloc bénéficie de nouveaux turbos IHI qui viennent du coupé Biturbo II ainsi que 2 échangeurs air/air (un par turbo) pour fournir 250 ch à 6 000 t/m pour un couple de 363 Nm à 3 500 t/m. La vitesse maxi est de 240 km/h et le 0 à 100 ne prend que 5,8s.
Ce moteur sera repris sur de nombreux modèles afin de remplacer le 2,5l. L’architecture du compartiment moteur est exactement la même que sur un coupé Biturbo Si, avec les échangeurs air-air refroidissant l’air admis au moteur devant le radiateur d’eau. La prise d’embonpoint de la 228 est de 190 kg par rapport à une Biturbo Si 2,0l avec seulement 1 280 kg.

Sur une classique coque autoporteuse, les ingénieurs de Maserati ont greffé les trains roulants et les éléments mécaniques. Sur l'essieu avant, un ensemble de type MacPherson est monté avec une barre stabilisatrice et des amortisseurs télescopiques à double effet. Le train arrière est constitué de bras indépendants fixés à une traverse ancrée à la coque par des éléments flexibles, avec des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs à gaz à double effet Bilstein et des tampons supplémentaires en caoutchouc. La direction passe par une classique crémaillère tandis que les freins sont à disques, dont les 2 modèles avant sont ventilés avec des étriers flottants. Les jantes alu de 15 pouces sont chaussées de pneus en 205/55 à l'avant et en 225 de large à l'arrière. Elles présentent 5 trous qui vont de paire avec le nouveau système Meccanica Attiva qui permet de garder les roues avant en contact perpendiculaire avec le sol quel que soit l’angle de braquage. Ce système sera généralisé progressivement à toute la gamme Biturbo.

La 228 inaugure 2 mois avant la 430 le nouveau différentiel à glissement limité développé par Quaife et baptisé Ranger. Ce différentiel complexe est composé d’une couronne de 2 fois 6 engrenages hélicoïdaux périphériques entourant 2 engrenages centraux droit et gauche. Il parvient à encaisser l'avalanche brutale de puissance des moteurs Biturbo et parvient à la répartir entre les 2 roues arrière de façon totalement variable en fonction de leur adhérence et de leur vitesse de rotation. Ce différentiel équipera toutes les Biturbo 2,8l, les 2,0l à 4 soupapes par cylindre et les Shamal avant de céder la place à un ZF sur les Quattroporte 4, les Ghibli GT puis les 3200 GT.

Le prototype de la 228 est présenté à l'usine de Modène le 14 décembre 1984 pour fêter les 70 ans de la firme. Toutefois, la production ne débutera qu'en juillet 1987. La 228 devait disposer de nouveaux turbos refroidis par eau, de 2 bougies et de 4 soupapes par cylindre et d’une alimentation par carburateurs double corps Weber pour une puissance de 250 ch. Le retard de 2 ans a permis de la commercialiser d’office la 228 avec l’injection. De même, à cause de ce retard, la 228 n’a pas de cuir orangé et des jantes à 4 boulons.


1987 – 1991 :
La 228 est présentée officiellement finalement en Décembre 1987 alors que 2 ans auparavant, elle était déjà annoncée.
Malgré des efforts louables de Maserati sur les trains roulants et surtout la motricité, le châssis est totalement dépassé par la fougue du moteur. Le couple met à mal la tenue de route et le conducteur d'une Maserati 228 doit faire preuve de sérieuses connaissances en pilotage pour pouvoir rouler vite sans se retrouver en-dehors de la route. Les freins sont puissants, mais la sensation de la pédale est déroutante au départ en raison d'une course très longue. La direction est en revanche d'une précision diabolique, permettant ainsi de remettre l'auto en ligne avec doigté. L'ABS ne sera jamais monté sur les 228.
La 228 ne rencontre pas un grand succès commercial car elle est extrêmement chère. D’autre part, la clientèle potentielle a dû attendre plus de 2 ans et demi entre sa présentation et sa commercialisation. Elle n’a été proposée qu’à partir de 1988 en France, au tarif de 432 000 francs. La BMW 635 CSi (218 cv) est à 352 000 francs mais la M635 CSi (286 cv) à 460 000 francs, la Jaguar XJS V12 5.3 (295 cv) à 345 000 francs, la Lancia 8.32 à moteur Ferrari (215 cv) à 340 000 francs, la Mercedes 300 CE (188 cv) à 300 000 francs mais le gros coupé Mercedes 560 SEC (300 cv) atteint les 645 000 francs.
Durant l’année 1988, la 228 affiche 2 lignes d’échappement distinctes qui se généralisent sur les biturbo et une version catalysée à 225 ch du moteur est disponible sur certains marchés.
En 1991, le coupé 228 sort de la chaine de production après seulement 469 unités produites.
Les caractéristiques techniques :
228 : 1987 - 1991
V6 biturbo ouvert à 90° 18s simple arbre
2 790 cc (94x67)
250 ch à 5 600 t/m
383 Nm à 3 600 t/m
0 à 100 : 5,7s
255 km/h
228 cat : 1988 - 1991
V6 biturbo ouvert à 90° 18s simple arbre
2 790 cc (94x67)
225 ch à 6 500 t/m
363 Nm à 3 500 t/m
0 à 100 : 5,9s
232 km/h
