De Tomaso Guara

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Dernière chance :
La Pantera a fait plus que son temps et n’est plus du tout au gout du jour au début des années 90. Si elle reste le plus gros succès de la marque, depuis le désengagement de Ford USA, les ventes sont devenues anecdotiques. Seulement 39 Pantera Si, la dernière itération du coupé De Tomaso ont été vendues depuis 1990 et elle reste le seul modèle au catalogue de la marque. Toutefois, Alejandro De Tomaso souhaite poursuivre l’aventure même si ses autres projets (comme Maserati) se sont révélés être des échecs après une période de réussite et d’euphorie.
Chez de Tomaso, on planche à la relance de la marque alors que la firme est au plus mal. De Tomaso va se simplifier la vie en piochant chez Maserati une base éprouvée et rangée au placard à la suite du rachat par Fiat, la Maserati Barchetta de 1991 produite seulement à 17 exemplaires.
Le nom de baptême de ce nouveau modèle est Guara qui fait référence à une race argentine de chiens de chasse.

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Maserati + De Tomaso :
La base technique est reprise de la Maserati Barchetta. Elle a été conçue par Carlo Gaino du bureau d'études italien Synthesis Design. Celui-ci a été impliqué dans plusieurs voitures de sport : Maserati, Lancia, De Tomaso, et Lotus.
Elle reprend la partie mécanique avec une évolution du moteur de la Maserati Racing (dernier avatar du coupé biturbo) qui devient le moteur AM501, placée au centre sur un châssis poutre à réservoir de carburant intégré. Ce moteur spécial avait une puissance maximale de 350 ch à 7 250 t/m. Le moteur était couplé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports fabriquée par ZF et dotée d'engrenages à taille droite. La voiture pouvait atteindre une vitesse de pointe de 290 km/h. Le toit étant véritablement ouvert, la protection du conducteur n'était assurée que par un petit déflecteur d'air.
Cette barquette a été utilisée dans une compétition monomarque/monotype, le Maserati Grantrofeo pendant les années 1992 et 1993 avec 16 courses disputées en Italie.
La Barchetta avait un châssis en aluminium, ce qui était inhabituel pour une Maserati à l'époque, étant donné que les voitures proposées par la marque au trident avaient une structure de type monocoque en acier. Elle était équipée d'une suspension de type Formule 1 et de panneaux de carrosserie en fibre de carbone, ce qui lui conférait un poids total de 775 kg seulement.
La Barchetta a été l'un des derniers modèles de chez Maserati construits sous la direction de De Tomaso.

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La carrière avortée de la Maserati Barchetta est récupérée par De Tomaso pour la Guara. Techniquement elle est la copie conforme de la Maserati avec sa suspension à 4 roues indépendantes inspirée de la Formule 1. Réalisée par Enrice Scalabroni, qui fabrique les suspensions de la Williams de F1, elle reçoit une double triangulation à long bras avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs placés inboard. Ceux-ci sont disposés horizontalement à l’arrière et verticalement à l’avant (sur le tunnel central).
Le réservoir de 90 litres est placé dans la poutre ce qui permet de libérer de l'espace à l’arrière mais surtout de mieux répartir les masses. Les roues sont en magnésium de 18 pouces et son poids total est de 1200 kg dans sa version coupé.

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Dessinée par Carlo Gaino, auteur de la Maserati Barchetta, elle affiche des proportions inhabituelles. Courte, avec seulement 4,19 m, par rapport à son long empattement de 2,61 mètres, elle est aussi très large (2,03 m) et basse (1,20 m). D’ailleurs, il s’agit ni plus ni moins que d’une Masearti Barchetta sur laquelle un toit a été ajouté qui lui donne un air renfrogné, la tête rentrée dans les épaules dans sa version coupé. La carrosserie est réalisée en carbone et en kevlar, véritables matériaux avant gardistes et très coûteux.

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Une version barchetta est aussi développée dans la suite logique de la Maserati Barchetta. Cette version ne pèse que 1050 kg car elle embarque aussi moins d’insonorisant et sa finition intérieure est plus spartiate.

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Malgré son châssis digne d’une voiture de course, la Guara offre un habitacle confortable sur le coupé. L'intérieur est très luxueux et profite du savoir-faire Italien en la matière. Tantôt tendu, tantôt plissé, un cuir du meilleur effet recouvre les sièges, le tableau de bord et le châssis poutre. Les sièges peuvent recevoir des harnais en option.
Les éléments utilisés trahissent la provenance de commandes fabriquées pour Ford ou surtout BMW comme le bloc compteurs, les commandes de ventilations, des vitres électriques, les essuies glaces, les clignotants, le réglage du site des phares et même le cendrier. Le levier de vitesse peut avoir au choix un soufflet en cuir traditionnel ou une grille aluminium façon Ferrari.
Si le volant est réglable, le pédalier lui aussi peut s’ajuster en fonction des demandes du conducteur.
Elle n’est pas équipée d'un coffre, puisque sous le capot avant est logé la suspension volumineuse, mais plus tard, un espace de rangement a été aménagé au-dessus de la boîte de vitesses en montant un récipient en plastique spécial, auquel on accède en ouvrant le capot moteur.

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Pour motoriser la Guara, De Tomaso a pour la première fois, recours à une mécanique extérieure au groupe Ford car il n’est pas possible de récupérer le moteur Maserati de la Barchetta. Il s’agit d’un v8 BMW en aluminium de 4,0l à 32 soupapes très compact (3 982 cc). Placé en position centrale arrière longitudinale, il développe 286 ch à 5 800 t/m avec un couple de 402 Nm à 4 500 t/m. Il est accouplé à une boîte de vitesses Getrag à 6 rapports identique à celle de l’Audi RS2. La Guara peut atteindre 270 km/h en pointe et termine le 0 à 100 en 5,0s. On retrouve ce bloc sur les BMW 540i, 740i ou 840ci. Toutefois De Tomaso a légèrement changé quelques périphériques.
Une version Alpina de ce moteur avec 305 ch grâce à l’apport d’un turbo est aussi annoncée mais ne sera jamais commercialisée.

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1993 – 1998 :
La Guara est présentée en 1993 au Salon de Genève. Il ne s’agit encore que d’un prototype au format Barchetta alors que le coupé suivra dans les prochains salons. Alejandro De Tomaso subi un accident vasculaire cérébral en février 1993 et ne peut pas assister à la première à Genève. Son fils Santiago est désormais responsable de l'entreprise.
Les premières voitures sont vendues en 1994 au tarif de 874 000 Frs en coupé et 836 000 Frs pour la Barchetta. Bien qu’ayant réussi les tests pour une homologation européenne, la Guara n’a jamais été soumise à l’approbation nécessaire pour être commercialisée aux États-Unis. Quelques modèles traverseront toutefois l’Atlantique à titre isolé avec des difficultés pour se faire homologuer.

Collée au bitume sur ses grandes roues de 18 pouces en magnésium chaussées de Michelin, la Guara est une voiture passionnante à piloter. Douée d’une grande agilité, elle fait merveille sur les routes secondaires où elle laisser exprimer ses qualités. Très puissant, le freinage est assuré par 4 disques Brembo dotés d’étriers à six pistons. Toutefois, à la limite, elle peut se montrer piégeuse et requière de réelles notions de pilotage.

De Tomaso lance une version Spyder de la Guara, converti à partir de coupés par la Carrozzeria AutoSport S.r.L. Le premier Spyder est produit selon les spécifications d'un designer industriel allemand qui n'aime pas l'intérieur standard et ne veut pas de toit fixe. Les modèles suivants recevront un intérieur standard de coupé. Toutefois le premier Spyder ne sera livré qu’en 1999.

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1998 – 2012 :
En 1998, De Tomaso change de motoriste et repasse chez Ford pour des raisons de coût car le bloc BWM s’avère 3 fois plus cher que son concurrent. Les ingénieurs de chez De Tomaso extraient 320 ch et 407 Nm de couple à partir du v8 4,6l de la Mustang. La Guara atteint désormais les 270 km/h et parcourt le 0 à 100 km/h en 4,8s.
Ce bloc était déjà proposé depuis quelques années à de rares clients américains ayant passés une commande spéciale pour une Guara afin de faciliter son homologation aux USA. Par rapport au moteur BMW, la Guara prend environ 200 kg, ce qui a un impact négatif sur la dynamique de conduite car ce moteur est en fonte.
Un projet de moteur de 375 ch a existé mais n’a pas non plus connu de mise en production.

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La position d'installation plus élevée ne permet plus de stocker le toit du Spyder qui est donc abandonné.

Victime des aléas de la firme, mal distribuée et handicapée par son esthétique ainsi que par un prix de vente élevé, la Guara n’a connu qu’une existence marginale. Elle a été produite au compte-gouttes et sur commande, le client ayant le choix entre de nombreux équipements parmi une longue liste d’options. Les voitures ont été construites à la main par manque de moyens plus industriels.
Cependant, il semble qu'il n'y ait pas eu de voitures construites après 2004 lorsque l'entreprise est entrée en liquidation. La dernière voiture, commandée par un Autrichien en 2004, a été livrée en 2011 après la liquidation de De Tomaso, à la suite du décès du fondateur en 2003.
On ne dénombre que 51 Guara dont 38 coupés, 10 Barchetta et 3 Spyder malgré 11 ans de carrière. Environ 19 Guaras ont reçu des moteurs BMW.